Une mission au service d’une vie chrétienne
Comment choisir un parrain ou une marraine ?
Choisir un parrain ou une marraine n’est pas seulement désigner une personne que l’on aime. C’est confier à quelqu’un une mission spirituelle : aider un baptisé à grandir dans la foi et à vivre selon son baptême.
La réponse en quelques lignes
Choisissez d’abord un témoin capable d’aider votre enfant à vivre avec le Christ
Le meilleur parrain ou la meilleure marraine n’est pas nécessairement la personne la plus proche de la famille, la plus disponible pour les fêtes ou celle envers qui l’on éprouve la plus grande gratitude. Sa première qualité est de pouvoir exercer une véritable mission chrétienne auprès du baptisé.
Le droit de l’Église précise des conditions concrètes : le parrain ou la marraine doit notamment être catholique, confirmé, avoir reçu l’Eucharistie et mener une vie cohérente avec la foi et la fonction qu’il ou elle va assumer. Le choix doit donc être à la fois affectif, spirituel et ecclésial.
Une mission, pas un simple titre
Quel est réellement le rôle d’un parrain ou d’une marraine ?
Le baptême n’est pas seulement une cérémonie familiale. Il introduit une personne dans la vie nouvelle du Christ et la fait entrer dans la communion de l’Église. Le parrain ou la marraine reçoit donc une responsabilité particulière : accompagner cette vie qui commence.
Pour un enfant, cette mission s’exerce en collaboration avec les parents. Le parrain ou la marraine ne remplace ni le père ni la mère, et ne devient pas un « deuxième parent ». Il devient plutôt un adulte chrétien supplémentaire vers lequel l’enfant pourra se tourner pour parler de Dieu, poser des questions, prier et chercher un conseil.
Le Code de droit canonique précise que le parrain doit contribuer à ce que le baptisé mène plus tard une vie chrétienne conforme à son baptême et accomplisse fidèlement les obligations qui y sont liées.
Le bon parrain n’est pas celui qui sera le plus présent à toutes les fêtes : c’est celui qui pourra, dans les années qui viennent, rappeler doucement à l’enfant le chemin vers le Christ.
Au-delà de l’affection
Comment choisir la bonne personne ?
Le premier réflexe est souvent de regarder qui nous aimons beaucoup. C’est naturellement important : le parrainage est une relation qui peut durer toute une vie. Mais l’affection ne doit pas être le seul critère.
Posez plutôt une question simple : « Cette personne pourra-t-elle aider concrètement mon enfant à connaître, aimer et vivre sa foi ? » Une personne discrète et humble peut être un meilleur choix qu’un proche très démonstratif mais éloigné de la vie chrétienne.
Il faut également regarder la durée. Le baptême concerne un enfant aujourd’hui, mais le parrainage concerne aussi l’adolescent qu’il deviendra et l’adulte qu’il pourra être. Choisissez donc une personne dont la foi peut continuer à nourrir une relation dans dix, vingt ou trente ans.
Le droit de l’Église
Quelles sont les conditions pour être parrain ou marraine ?
Le choix ne dépend pas uniquement des préférences de la famille. L’Église a établi des conditions parce que le parrainage est une véritable fonction ecclésiale. Le canon 874 énumère les principales conditions.
- Être choisi pour cette mission et vouloir réellement l’accomplir. Il ne suffit pas d’accepter pour faire plaisir à la famille.
- Avoir seize ans accomplis, sauf les exceptions prévues par le droit diocésain ou pour une juste cause.
- Être catholique, confirmé et avoir reçu l’Eucharistie.
- Mener une vie cohérente avec la foi et la fonction assumée.
- Ne pas être le père ou la mère du baptisé.
- Ne pas être sous le coup d’une peine canonique légitimement infligée ou déclarée.
Dans la pratique, les paroisses peuvent demander des justificatifs ou des renseignements complémentaires. Le plus sage est donc de ne pas attendre la veille du baptême pour vérifier la situation.
Une question parfois mal comprise
Pourquoi le parrain ou la marraine doit-il être catholique ?
Cette exigence n’est pas une manière de juger la valeur personnelle des autres chrétiens. Elle découle de la nature même de la fonction. Le parrain ou la marraine est appelé à aider le baptisé à vivre dans la foi de l’Église catholique.
- Le parrain transmet ce qu’il croit. Il ne peut accompagner sérieusement un enfant dans une foi qu’il ne partage pas lui-même.
- Il témoigne de la vie sacramentelle. Sa propre participation à la vie de l’Église rend son témoignage concret.
- Il aide à grandir dans la foi catholique. Doctrine, prière, sacrements et vie morale ne sont pas des éléments accessoires du baptême.
- Il demeure un point de référence. Le baptisé peut, au fil des années, avoir besoin d’un adulte qui puisse lui parler depuis l’intérieur de cette foi.
Le Catéchisme souligne d’ailleurs que les parents, le parrain ou la marraine et toute la communauté ecclésiale ont une responsabilité dans le développement de la grâce baptismale.
Le discernement humain et spirituel
Quelles qualités rechercher chez un parrain ou une marraine ?
Après les conditions objectives de l’Église vient le discernement plus personnel. Tous les catholiques remplissant les conditions canoniques ne sont pas nécessairement appelés de la même manière à accompagner votre enfant.
Une foi vivante
Pas une foi théorique seulement, mais une relation réelle au Christ, nourrie par la prière, les sacrements et la Parole de Dieu.
Une présence fidèle
Quelqu’un qui saura être là dans les moments joyeux, mais aussi lorsque l’enfant traversera une question, une crise ou une épreuve.
Une vraie liberté
Une personne capable d’accompagner sans contrôler, de conseiller sans remplacer les parents et de respecter la conscience du jeune.
La maturité compte également. Un bon parrain ou une bonne marraine n’a pas besoin de posséder toutes les réponses. Il ou elle doit surtout avoir l’humilité de chercher, de reconnaître ses limites et de conduire l’enfant vers les bonnes sources : l’Évangile, l’Église, les sacrements et, lorsque c’est nécessaire, un prêtre ou une personne formée.
Une responsabilité partagée
Le choix du parrain concerne aussi les parents
Les parents restent les premiers responsables de l’éducation chrétienne de leur enfant. Le parrainage n’a donc de sens que s’il s’insère harmonieusement dans cette responsabilité.
Avant de proposer le rôle à quelqu’un, il peut être utile que les parents en parlent ensemble. Une personne peut être très chère au cœur de l’un des parents tout en n’étant pas réellement adaptée à cette mission. Il vaut mieux reconnaître cette réalité avec délicatesse que transformer ensuite le parrainage en source de tensions.
Expliquez clairement ce que vous demandez
Lorsque vous demandez à quelqu’un d’être parrain ou marraine, ne dites pas seulement : « Nous voulons que tu sois le parrain de notre enfant. » Expliquez plutôt le sens spirituel de votre choix et ce que vous espérez de cette personne.
Acceptez qu’une personne puisse refuser
La mission demande une intention réelle. Quelqu’un qui se sait incapable ou trop éloigné de la foi peut parfois avoir la délicatesse de refuser. Ce refus peut être douloureux, mais il vaut mieux une vérité sincère qu’un engagement accepté par politesse et oublié ensuite.
Une situation fréquente
Peut-on choisir un chrétien non catholique ?
Le droit canonique prévoit précisément ce cas. Un baptisé appartenant à une communauté ecclésiale non catholique ne peut pas être admis comme parrain au sens canonique s’il n’y a pas en même temps un parrain catholique. Il peut cependant être admis comme témoin du baptême.
Cette distinction peut sembler technique, mais elle manifeste une réalité importante : le parrainage est lié à l’appartenance et à la mission de l’Église. Elle ne signifie pas que les autres chrétiens seraient dépourvus de valeur ou de foi.
Pour une famille confrontée à une situation particulière, le mieux est d’en parler directement au prêtre ou au curé qui préparera le baptême. Les modalités concrètes peuvent demander un discernement pastoral et les règles diocésaines doivent être respectées.
Choisir avec lucidité
Quelles erreurs faut-il éviter ?
Le choix d’un parrain ou d’une marraine peut être chargé d’émotion, de traditions familiales et parfois de susceptibilités. Quelques pièges sont particulièrement fréquents.
- Choisir uniquement pour remercier quelqu’un. Une dette affective n’est pas une vocation baptismale.
- Choisir celui qui a la plus grande situation sociale. Le prestige, la réussite professionnelle ou les moyens financiers n’ont pas de rapport direct avec la mission spirituelle.
- Choisir quelqu’un uniquement parce qu’il est sympathique. La bonté humaine est précieuse, mais la fonction suppose aussi une vie de foi.
- Choisir par obligation familiale. Une tradition peut être belle, mais elle ne doit pas empêcher un véritable discernement.
- Confondre parrainage et responsabilité légale. Le rôle religieux de parrain ou de marraine ne se confond pas automatiquement avec celui d’un tuteur ou d’un représentant légal.
Un discernement simple
Sept questions avant de choisir
Ne choisissez pas dans la précipitation. Prenez quelques minutes pour regarder honnêtement la personne que vous envisagez et la mission que vous lui confiez.
Cette personne vit-elle réellement sa foi ?
Regardez sa vie concrète plutôt que son discours ou son image sociale.
Participe-t-elle à la vie de l’Église ?
Sa relation aux sacrements, à la prière et à la communauté chrétienne peut vous éclairer.
Pourra-t-elle parler du Christ avec notre enfant ?
Imaginez les conversations spirituelles que votre enfant pourrait avoir avec elle dans quelques années.
Sa vie est-elle suffisamment cohérente ?
Personne n’est parfait, mais la mission demande une cohérence réelle avec la foi et le rôle assumé.
Respectera-t-elle notre responsabilité de parents ?
Le parrainage accompagne la famille chrétienne : il ne doit pas créer une compétition ou une prise de pouvoir.
Sera-t-elle présente dans la durée ?
Un beau parrainage se construit dans le temps, bien au-delà du jour du baptême.
Pouvons-nous confier cette mission sans arrière-pensée ?
Demandez-vous enfin si votre choix est vraiment orienté vers le bien spirituel de votre enfant.
Avant de donner une réponse
Priez avant de choisir
Un choix chrétien commence par une demande faite à Dieu. Le Seigneur connaît l’enfant mieux que nous et connaît aussi la personne que nous envisageons.
- Seigneur, montre-nous ce qui est vraiment bon pour notre enfant.
- Donne-nous de choisir sans favoritisme ni pression familiale.
- Aide-nous à reconnaître une personne qui aime réellement le Christ.
- Donne à la personne que nous choisirons la grâce de comprendre sa mission.
- Que ce parrainage aide notre enfant à grandir dans la foi, l’espérance et la charité.
- Garde notre famille unie autour de Jésus-Christ et de son Église.
Un dernier discernement
Sept questions à se poser en conscience
Relisez votre choix avant de le confirmer. Le but n’est pas de trouver une personne parfaite, mais de vérifier que vous cherchez réellement le bien spirituel de l’enfant.
- Est-ce que je choisis cette personne parce qu’elle aime vraiment le Christ ?
- Est-ce qu’elle remplit les conditions demandées par l’Église ?
- Est-ce que je peux imaginer mon enfant lui parler de sa foi à quinze ou vingt ans ?
- Est-ce que cette personne saura respecter la place des parents ?
- Est-ce que notre relation actuelle est suffisamment saine pour durer dans le temps ?
- Est-ce que je cherche le bien de mon enfant ou la satisfaction d’une préférence familiale ?
- Ai-je pris le temps de prier et de parler honnêtement avec la personne concernée ?
Questions fréquentes
Les situations qui suscitent le plus de questions
Les grands-parents peuvent-ils être parrains ou marraines ?
Oui, s’ils remplissent les conditions requises pour cette fonction. Mais la question principale demeure la même : sont-ils réellement en mesure d’accompagner le baptisé dans la vie chrétienne ? La proximité familiale est un bien, mais elle ne suffit pas à elle seule.
Peut-on avoir deux parrains ou deux marraines ?
Le droit canonique prévoit un seul parrain, une seule marraine, ou un parrain et une marraine. La paroisse peut préciser les modalités pratiques, mais on ne peut pas multiplier les parrains et marraines au sens canonique du terme.
Le parrain ou la marraine doit-il avoir seize ans ?
Le droit canonique demande que le parrain ou la marraine ait seize ans accomplis, sauf exception prévue par le droit ou admise pour une juste cause dans les conditions prévues par le canon 874.
Un chrétien non catholique peut-il être parrain ?
Un baptisé appartenant à une communauté ecclésiale non catholique ne peut pas exercer seul la fonction de parrain au sens canonique. Il peut être admis avec un parrain catholique et alors seulement comme témoin du baptême.
Le parrain ou la marraine doit-il être quelqu’un de parfait ?
Non. L’Église ne demande pas une personne sans faiblesse, mais quelqu’un qui vive réellement de la foi et ait l’intention et les aptitudes nécessaires pour accompagner le baptisé. Une vie chrétienne cohérente compte davantage qu’une image de perfection.
Peut-on choisir un frère, une sœur ou un ami ?
Oui, lorsqu’il ou elle remplit les conditions de l’Église. Une relation affective forte peut être précieuse, mais le choix doit être posé en considérant surtout la capacité de cette personne à aider réellement le baptisé à grandir dans la foi.
Que faire si la personne choisie ne remplit pas les conditions canoniques ?
Il vaut mieux en parler franchement avec le prêtre ou la paroisse avant de faire le choix définitif. On peut expliquer la situation, vérifier les possibilités prévues par le droit et distinguer, lorsque c’est possible, la fonction de parrain ou marraine d’une autre forme de présence affective auprès de l’enfant.
Pour approfondir
Sources bibliques et magistérielles
- Catéchisme de l’Église catholique, n° 1255 : le rôle du parrain ou de la marraine dans le développement de la grâce baptismale.
- Code de droit canonique, canons 872-874 : mission et conditions d’admission des parrains et marraines.
- Évangile selon saint Matthieu, chapitre 28 : le mandat missionnaire du Christ et le baptême.
- Lettre aux Romains, chapitre 6 : le baptême comme participation à la mort et à la résurrection du Christ.
- Catéchisme de l’Église catholique, nos 1253-1255 : la foi appelée à grandir après le baptême et la responsabilité des parents, parrains et marraines et de la communauté.
Une mission pour toute une vie
Choisir un parrain ou une marraine, c’est demander à quelqu’un d’aider un enfant à marcher vers le Christ
Le jour du baptême passera. Les photographies resteront. La fête sera terminée. Mais la mission du parrain ou de la marraine commencera réellement après la célébration : être une présence chrétienne fidèle, priante et disponible au fil des années. Choisissez donc moins une personne pour le jour du baptême qu’un témoin pour toute la vie chrétienne qui suivra.